Le lexique du militant anumaniste

Ce glossaire complet recense tout le vocabulaire du militantisme anumaniste.

Mais pourquoi un tel recueil de mots nous a paru nécessaire ?

Lorsqu’on s’intéresse à une cause, on lit des articles, on écoute des interventions, on fréquente des personnes déjà investies. On a parfois l’impression d’être sur une autre planète et d’essayer de comprendre ou de communiquer avec un·e extraterrestre. Et c’est normal ! Comme n’importe quel sujet spécifique (par exemple, l’agroécologie, la médecine, la physique quantique, etc.), la cause animale a son propre vocabulaire. Alors quand on débarque dans le milieu, quand on veut s’informer ou quand on débute dans le militantisme, on peut se sentir exclu·e ou un peu bête. Pourtant, il n’y a pas de honte à s’avouer qu’on ne comprend pas tout, que certaines notions ne nous sont pas familières. Un sentiment qui s’accrut dès lors qu’on commence à échanger, ou débattre, avec des personnes qui ne partagent pas notre opinion.


Note : Si vous cherchez un mot et que vous ne l’avez pas trouvé dans ce glossaire, vérifiez d’abord s’il n’est pas dans le Lexique en mouvement d’Anthropogoniques puis mettez-le en commentaire et un membre de l’équipe complètera la liste.

| A | B | C | D | E | F | G | H | I |

| J | K | L | M | N |O | P | Q | R |

| S | T | U | V | W | X | Y | Z |

| A |

Abolitionnisme : L’abolitionnisme, quand il est question de spécisme, est l’idée d’exiger la cessation immédiate et sans concession de l’exploitation animale dans sa globalité.

Androgyne : Identité de genre qui présente des caractéristiques à la fois féminines et masculines ; mélange de ce qu’on appelle la féminité et masculinité.

Agenre : Personne qui n’a pas de genre, qui a le sentiment de n’avoir aucun genre ; absence de genre.

Agisme : L’hostilité, le rejet et la discrimination fondés sur l’âge d’une personne.

Anarchisme : Conception politique et sociale qui se fonde sur le rejet de toute tutelle gouvernementale, administrative, religieuse et qui privilégie la liberté et l’initiative individuelle.

Anthropocentrisme : L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’humain·e comme l’entité centrale la plus significative de l’univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.

Anthropomorphisme : Attribution à un animal les sentiments, les passions, les idées et les actes de l’homme. Quand on considère nos animaux comme des humains.

Antispécisme : C’est le refus de hiérarchiser les intérêts des individus avec pour seul critère l’espèce. L’antispécisme considère que les animaux possèdent des droits fondamentaux : vivre, ne pas souffrir, disposer d’eux mêmes.. Il estime que l’appartenance de l’individu à une espèce n’est pas un critère pertinent pour justifier la discrimination dont sont victimes les animaux.

Anumanisme (Caron) : extension de l’humanisme à l’ensemble des animaux.

Aphrodisme : Système de domination consistant à valoriser dans une société donnée les individus correspondant aux normes de beauté physique de cette société, tout en dévalorisant celleux qui n’y correspondent pas.

Appropriation culturelle (AC) : Il s’agit de l’adoption d’éléments culturels d’un groupe social, comme des vêtements, traditions, accessoires, musique, art, religion, langue, ou comportement, par un groupe externe, qui ignore souvent le but fondamental et l’intention de l’expression de ces élément. L’AC a une connotation négative, en raison de la superficialité perçue ou réelle qui est généralement appliquée quand la culture appropriée est une culture minoritaire dans le milieu social, politique, économique, ou militaire ; ou quand il y a d’autres problématiques impliquées, comme une histoire de conflit ethnique entre les deux groupes.

Aromantisme : L’aromantisme est une orientation romantique à part entière qui se définit par une absence, totale ou partielle (voir demi-romantique ou autres nuances du spectre aro) d’attirance romantique pour autrui qu’importe son genre. Il n’y a pas une définition unique de l’aromantisme, une personne aromantique pouvant ou non être en couple tout en ne ressentant pas ou peu de désir pour le romantisme.

Asexuel·le / asexualité : L’asexualité est une orientation sexuelle à part entière. Une personne asexuelle ne ressent aucune attraction sexuelle envers autrui. Toutefois il existe de nombreuses nuances et l’asexualité est vécue différemment selon chaque concerné·e. Ce terme peut également, mais non nécessairement, renvoyer à un désintérêt pour le sexe et/ou ses pratiques.

Assigné·e à la naissance – assigned at birth : Se dit en parlant du genre qui vous a été attribué à la naissance par l’état civil selon l’apparence de vos organes génitaux externes ou la nature de votre acryotype – examen de vos chromosomes sexuels.
AMAB /AFAB : Assigned Male At Birth / Assigned Female At Birth
AHAN/AFAN : Assigné·e homme à la naissance/Assigné·e femme à la naissance.

| B |

Bashing : Forme de défoulement qui consiste à dénigrer collectivement une personne ou un sujet.

Binaire (adj) / binarité (nom) : Tendance à diviser les êtres humains dans deux sexes/genres et deux camps clairement différents et séparés et à accepter les rôles de genre typiques (les filles aiment le rose, les garçons le bleu…). On parle de système social binaire basant le genre sur une dualité unique homme/femme. Sur le plan personnel, être plutôt binaire (par exemple, une femme traditionnellement féminine, ou un homme traditionnellement masculin) n’est pas un problème si ça vous convient, mais ça peut être un problème si vous voulez imposer une vision binaire de la société, pour tout le monde.

Biphobie : Hostilité, rejet et discrimination envers les personnes bisexuelles / biromantiques.

Bitard : Insulte transphobe (féministe) envers les hommes cis. Ce terme supposerait que seul le groupe masculin dominant, celui des hommes cisgenres, serait détenteur de « bites », de pénis, or cela est faux aux vues de la multiplicité des sexes et des genres. Il est oppressif de réduire une personne à son sexe assigné à la naissance (ou appareil génital).

Body-shaming : Stigmatisation, culpabilisation ou disqualification de toute personne sur son aspect physique.

Boycott : Le boycott ou boycottage est le refus systématique de consommer les produits ou services d’une entreprise ou d’une nation. Il peut aussi s’agir d’un boycott d’élections ou d’événements.

| C |

Capitalisme : Dans la terminologie marxiste, régime politique, économique et social dont la loi fondamentale est la recherche systématique de la plus-value, grâce à l’exploitation des travailleureuses, par les détenteurices des moyens de production, en vue de la transformation d’une fraction importante de cette plus-value en capital additionnel, source de nouvelle plus-value. « Une société humaine caractérisée par la propriété privée des moyens de production et leur mise en œuvre par des travailleureuses qui n’en sont pas propriétaires. »

Capacitisme : L’hostilité, le rejet et la discrimination envers les individus vivant un handicap physique comme mental.

Carnisme : Système de croyance, ou idéologie, selon laquelle il est considéré comme éthique de consommer certains animaux. Le carnisme s’oppose essentiellement au végétarisme ou au véganisme. Le terme carnisme a été défini en 2001 par la psychologue sociale Melanie Joy. Selon Dr Joy, c’est parce que le carnisme est une idéologie violente et dominante qu’il est resté anonyme et invisible, et de ce fait, manger de la viande est considéré comme une évidence plutôt que comme un choix. Or lorsque manger de la viande n’est pas une nécessité pour sa propre survie, cela devient un choix, et les choix proviennent toujours des convictions.

Cisgenre, ou « cis » : Le contraire de transgenre. Personne dont le genre est en concordance avec le sexe assigné à la naissance.

Cis-passing : Le fait de passer pour une personne cisgenre aux yeux d’autrui et de ce fait d’être considéré·e comme privilégié·e ou au contraire perdre son privilège par rapport au genre perçu.

Cissexisme : Système politique instituant la domination des personnes cisgenres sur les personnes transgenres. La référence sociale étant les 2 genres binaires, toutes discriminations et critiques résultant de cette norme à l’encontre des personnes ne s’identifiant pas à leur genre assigné à la naissance sont du cissexisme.

Classe (sociale) : Notion sociologique qui permet de déterminer un ensemble vaste d’individus partageant certains critères liés à la position sociale, comme les revenus et la profession, et hiérarchisés.

Con : Tous les dérivés de « con » comme connerie, connasse, connard provienne du mot vagin. Il est oppressif d’utiliser les parties génitales d’un·e individu·e comme insulte puisque l’on réduit la notion de femme à son sexe physiologique et cela sous·entend qu’il est insultant d’avoir soit un vagin soit d’être une femme. De plus, toutes les femmes n’ont pas de vulve ou vagin et les détenteurices de vulve ou vagin ne sont pas tou·te·s des femmes.

Cruelty-free : Non-testé sur les autres animaux.

| D |

Demigenre – Demigender : Identité de genre non-binaire qui induit un sentiment d’appartenance, une connexion partielle et non entière à un genre ; l’autre partie peut ou non être connue, stable ou fluide. Voir : demigirl, demiboy, demiandrogyne, deminonbinary, demifluid, demiflux.

Demiboy / demiguy / demiman / demimale (semi-garçon / semi-homme) : Une personne qui se sent en partie un garçon, mais en partie autre chose, sans préciser exactement. Identité de genre partielle ; il peut s’agir d’une personne assignée homme qui se sent en concordance, sans pour autant d’identifier pleinement, au genre masculin qui lui a été attribué à la naissance.

Demigirl / demiwoman / demifemale (semi-fille / semi-femme) : Idem que demiboy pour un genre plus féminin.

Discrimination : Fait de distinguer, rejeter et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un·e ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne.

Dissonance cognitive : Lorsque les faits et la réalité sont en contradiction avec nos croyances. Cela crée un inconfort psychologique que nous cherchons à réduire. Lorsque les croyances sont profondément ancrées, la plupart d’entre nous vise à les conserver intactes face à une réalité dérangeante. Nous mettons en place des processus psychologiques inconscients. Nous minimisons et oublions ce qui nous dérange, ou détournons notre attention, ou bien nous transformons et réinterprétons le réel de sorte que nos croyances restent intactes.

| E |

Écriture inclusive : Écriture remettant en cause le masculin qui prédomine dans la langue. Il/Elle = iel, elles/ils = iels, le/la = lea, sa/son= saon, eu.x.se, t.rice·eur, bellaux. L’écriture inclusive, dite aussi langage non-sexiste ou épicène, propose la modification des règles académiques de la langue écrite mais aussi orale afin de poser les bases d’une prise en compte juste des groupes d’individus, en rejetant le masculin neutre universel. C’est aussi une façon de visibiliser les femmes et les personnes trans que le langage marginalise.

Émancipation : Action de s’affranchir d’un lien, d’une entrave, d’un état de dépendance, d’une domination, d’un préjugé.

Exclusivité : Relation exclusive, soit un couple basé sur la fidélité entre deux personnes.

Expression de genre : Moyens mis en place par un·e individu·e afin de manifester et exprimer son genre, soit celui assigné à la naissance (personne non « out ») ou sa propre identité personnelle de genre ; il peut s’agir de choix esthétiques (apparence physique, vestimentaire, accessoires..), comportementaux (attitude en société, maniérismes particuliers..), sociaux (loisirs, relations, façons de s’exprimer..) etc.

Exploitation : Action de tirer un profit de quelqu’un·e ou de quelque chose, action de mettre en valeur en vue d’en tirer un profit.

| F |

Fascisme : Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu’un à un groupe quelconque, à son entourage; doctrine ou tendance visant à installer un régime autoritaire rappelant le fascisme italien.

Féminisme radical : Le féminisme radical est un courant du féminisme qui considère qu’il existe une oppression spécifique des femmes au bénéfice des hommes, le patriarcat, et se donne pour objectif de l’abolir.

FTM – Female to Male en anglais : Homme trans. Désigne une personne assignée femme à la naissance en cours de transition ou ayant effectué les transitions nécessaires (physique, sociale, hormonale, chirurgicale) pour une ré-assignation de son sexe en accord avec son genre. Il existe aussi FTX, ou FT* ou FTU (unknown) comme désignations non-binaires.

| G |

Genre : Notion qui correspond à plusieurs idées et domaines d’études, centrés sur les questions de ce que cela signifie d’être un homme ou une femme, ou autre, dans la société dans laquelle on vit, et dans sa tête et ses comportements et ses rapports avec les autres. Si « sexe » concerne, surtout, les attributs physiologiques ou chromosomiques du corps, « genre » concerne plutôt des aspects psychologiques et sociaux. Ce terme est, en plus, assez souvent utilisé en tant que raccourci d’ « identité de genre ». À ne pas confondre avec stéréotypes et rôles genrés, lesquels sont imposés par la société patriarcale binaire et cissexiste en fonction de référents socio-culturels particuliers.

Genre fluide – genderfluid : Personne dont l’identité de genre varie, fluctue, sur des durées de temps variées. Des variantes de termes vues en français incluent personne à ou de genre fluide, fluide dans le genre, et parfois simplement « personnes fluides ». Note : une personne genderfluid n’est pas contrainte à la binarité homme / femme ni à deux seuls genres.

Genre social : Le genre dans lequel on est reconnu·e quotidiennement par notre entourage. Représentation sociale et administrative (actuellement, nous sommes limité·e·s à F ou H en fonction de notre assignation).

Genderqueer : Désignation de l’ensemble des genres non-binaires : chevauchement d’identités de genre, deux ou plusieurs genres simultanés, sans genre, se déplaçant entre genres ou avec une identité de genre fluctuante, troisième genre (xénogenre) ou autrement genré·e ; inclut celleux qui ne nomment pas leur genre.

Grossophobie : Hostilité, rejet et discrimination envers les individus de forte corpulence.

| H |

Hétéronormativité / sexisme : Système de comportements, de représentations et de discriminations favorisant la sexualité et les relations hétérosexuelles.

Homophobie : Hostilité, rejet et discrimination envers les personnes dont les préférences amoureuses ou sexuelles concernent des individus de même genre. Malgré les progrès pour l’inclusion des personnes et couples homosexuel-le-s/homoromantiques en société, l’homophobie reste un problème systémique fort dans de nombreux pays occidentaux ou non. Exemples : interdiction d’union maritale, d’adoption, de soins adéquats, de don de sang, stigmatisation des rapports sexuels gays, harcèlement scolaire…

Human-first : Attitude qui place l’humain·e au centre des problématiques et du monde et/ou considérant que toute chose se rapporte à ellui. Idée reliée à l’anthropocentrisme des valeurs humanistes.

Humour anti dominant : Humour non oppressif voulant ridiculiser par le biais de l’ironie les privilèges d’une personne afin de lea dénoncer.

| I |

Identification du genre : Considération propre d’une personne qui s’identifie au genre de façon interne, subjective et strictement personnelle.

Insulte non oppressive : Insulte n’instrumentalisant aucun·e individu·e opprimé·e dans une société. Exemple : raclure, merde, purée.

Intersectionnalité : Notion employée en sociologie et en réflexion politique, qui désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société. À rapprocher des luttes convergentes ; cependant, le terme de lutte intersectionnelle prend ses racines dans le mouvement afro-féministe (Black Feminism).

Intersexe(s) : Personne(s) dont les organes génitaux, les chromosomes ou le système reproducteur ne permettent pas une identification selon les définitions “mâle » ou “femelle ». (Notez que le terme “hermaphrodite » n’est plus utilisé.)

Islamophobie : Oppression envers les personnes musulmanes, mépris et rejet de la foi musulmane et de l’Islam.

| K |

Kyariarchie : Notion en rapport avec la notion de privilèges et d’intersectionnalité. Ce terme souhaite illustrer le fait que les oppressions sont liées entre elles selon des logiques de domination similaires et qu’il en existe plusieurs, à différents niveaux selon le contexte. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble sur leurs interactions, de les organiser sans les hiérarchiser. Elles sont donc toutes prises en compte sans préférence aucune. Cela se retrouve fortement dans le mouvement féministe : avec le black feminism et le féminisme incluant les personnes transgenres. À l’intérieur même d’un groupe d’individu·es opprimé·es des personnes peuvent connaître d’autres oppressions dues à d’autres raisons que son genre.

| L |

Lesbophobie : L’hostilité, le rejet et la discrimination envers les personnes lesbiennes.

Lookisme : Discrimination par rapport à la tenue vestimentaire et les codes esthétiques emprunté·es d’une personne.

Lutte : Ensemble des actions menées pour obtenir quelque chose, pour défendre une cause, vaincre un mal.

Lynchage : Exécution sommaire commise par un groupe de personnes, voire une foule, sans procès régulier et notamment sans laisser à l’accusé (de crimes réels ou imaginaires) la possibilité de se défendre.

| M |

Mansplanning : Situation où un homme cis prétend mieux savoir, connaître et/ou comprendre un sujet qui ne concerne que les femmes ou les personnes trans (non hommes). On dit qu’il s’étale sur la parole des concerné·e·s ou des victimes sans prendre en considération leurs explications. Peut être enchaîné à la suite de tone policing. Je veux comprendre… le mansplaining

Masculinisme : A l’inverse du féminisme, c’est défendre les idées patriarcales, renforcer les privilèges des hommes cischets, cela se fait par des violences intra familiales, l’exploitation économique par exemple. Le masculinisme peut être défendu par des femmes et autres genres puisque le conditionnement patriarcale est très présent et influence toute la société. Les hommes cis pro féministes, nécessitent une certaine vigilance puisque de nombreuses infiltrations ont lieu pour dissoudre des groupes engagés dans ces luttes. Des groupes réactionnaires s’opposent au féminisme puisque cela ébranle leurs privilèges et les croyances établi·es.

Mavérique : Genre non binaire autonome et totalement indépendant du genre masculin et féminin. Ce terme concerne strictement l’identité du genre.

Mégenrer – malgenrer : Utiliser le(s) mauvais pronom(s) en parlant d’une personne, par ignorance, oubli ou méchanceté.

Misandrie : Inverse de la misogynie, haine envers les hommes cis. Cette notion est la plupart du temps instrumentalisée pour ridiculiser le mouvement féministe. Malgré le fait que cette discrimination puisse exister, elle n’est pas systémique. Cette violence n’est certainement pas nourrie par le patriarcat où l’homme cisgenre est privilégié et instaure sa domination sur les femmes. Une comparaison entre misandrie et misogynie.

Misanthropie : Le fait de ne pas apprécier l’espèce humaine sans distinctions d’ethnie, de genre, de religion. Haine de l’humanité dans sa globalité. Dans le milieu militant antispéciste, cette notion est souvent instrumentalisée pour légitimer toute forme d’oppression intra-humaine.

MOGAI – Marginalized Orientations, Gender identities, And Intersex (Orientations marginalisées, Identités de genre et Intersexe) : Terme « parapluie » considéré plus inclusif que l’acronyme LGBT.

Morinommer : Utiliser le prénom assigné à la naissance d’une personne qui l’a changé depuis.

MTF – Male to Female en anglais : Femme trans. Désigne une personne assignée homme à la naissance en cours de transition ou ayant effectué les transitions nécessaires (physique, sociale, hormonale, chirurgicale) pour une ré-assignation de son sexe en accord avec son genre.

| N |

Neuro-atypique : Dont le fonctionnement neuronal est différent de la majorité de la population. Les neuroatypies englobent certains troubles psychologiques et psychiques, névrotiques, de l’humeur et de la personnalité, entre autres. Exemples : autisme, schizophrénie, dépression, bipolarité, (T)HQI.

Neutrois : Personne qui a le sentiment d’avoir une identité de genre neutre. Selon plusieurs sites anglophones dédiés au sujet, à l’origine le terme était souvent associé à une personne voulant, en plus, modifier les caractères physiques de son corps pour le rendre plus ‘neutre’ (mammectomie, orchidectomie, etc). Pourtant c’est loin d’être le cas pour toutes les personnes qui revendiquent cette identité. Selon le site Neutrois Nonsense, contrairement à une personne agenre, qui se voit comme étant ‘sans genre’, une personne neutrois a un genre, mais c’est un genre neutre. Cette neutralité peut ou non être indépendante des pôles féminin et masculin. Une personne neutrois favorisera généralement l’utilisation de pronoms neutres comme iel, yel, ol, ul (they, ze, xe, zir en anglais, entre autres) ainsi que les formulations inclusives.

Non-binaire : Terme générique, désormais associé à une critique politique, culturelle et scientifique réfutant la théorie naturaliste et essentialiste, soit l’idée qu’il n’y a que deux sexes naturels produisant deux genres sociaux. On dit d’une personne ou d’un groupe, qu’iel est non-binaire. Les identités comme agenre, bigenre, androgyne, etc, sont des identités non-binaires avec des sens plus restreints. Les personnes non-binaires (parfois raccourci en « NB » ou « enby ») peuvent préférer un pronom non-binaire tel que iel ou yel, ou ille, ou ol ou ul (ces deux derniers peuvent plaire davantage à certaines personnes dont l’identité ne se définit pas par rapport aux genres binaires). Certaines personnes sont binaires mais adoptent une vision non-binaire des identités, rôles et places. On voit aussi le terme « personne non-binaire dans le genre ». On parle en général du genre non-binaire ou des genres non-binaires ; ou de la non-binarité (du ou de genre) pour signifier le sujet de notre groupe.

| O |

Oppression : Une action dite “oppressive » a pour conséquence d’opprimer un individu, une communauté ou groupe de personnes. L’oppression peut aller à l’encontre des libertés individuelles et collectives. Les oppressions sont “systémiques » quand elles sont induites par le système dans lequel nous vivons. Exemple : spécisme, sexisme, racisme, homophobie, transphobie,.. pour ne citer qu’elles.

Opprimé·e : Personne qui subit une ou plusieurs oppression·s.

Orientation romantique / sentimentale : Attirance romantique envers un ou plusieurs genre(s), ou bien une non-attirance romantique pour celleux qui sont sur le spectre de l’aromantisme. L’orientation romantique peut être alignée avec l’orientation sexuelle ou pas. À différencier de l’attraction sensuelle, spirituelle ou esthétique.

Orientation sexuelle : Attirance sexuelle envers un ou plusieurs genres, ou bien une non-attirance sexuelle pour celleux qui sont sur le spectre de l’asexualité. L’orientation sexuelle peut être alignée avec l’orientation romantique ou pas. À différencier de l’attraction sensuelle, spirituelle ou esthétique.

| P |

Patriarcat : Forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans les domaines politique, économique et familiaux et jouit de privilèges face aux femmes et personnes NB.

Panfluide – Panflux : Personne qui est pangenre et genrefluide, passant de pangenre à agenre. Personne qui est pangenre et agenre en même temps.

Pangenre – pangender : Pangenre est une expérience de genre qui se réfère à une grande multiplicité des genres qui peut (ou non) être extensible à l’infini (ce qui signifie que cette expérience peut aller au-delà des connaissances actuelles des genres.). L’expérience de ces genres peut se faire soit simultanément soit successivement. Pour faire simple, pangenre = genres binaires (masculin et féminin) + tous les genres connus + tous les genres inconnus dans la limite de sa propre culture et sa propre expérience de vie (en même temps ou non).

Pansexualité : Être attiré·e sexuellement et/ou romantiquement par des personnes quelque soit leur genre ou leur sexe biologique.

Polyamour : Être attiré·e sexuellement et/ou romantiquement par plusieurs partenaires.

Passer – passing : Avoir une apparence et des manières qui font qu’une personne trans qui vit dans le genre social contraire au sexe assigné à la naissance est davantage acceptée en tant que femme ou homme et ne se fait pas remarquer en tant que personne trans. Passer pour un genre social (se dit plus favorablement pour une personne trans passant socialement avec son identité de genre réelle, par exemple : une femme trans ayant un passing de femme cis ; au contraire des personnes trans non « out » qui, pour des contraintes ou décisions qui leur sont personnelles, passent socialement et administrativement pour leur genre d’assignation.). Exemples : Cispassing, Whitepassing…

Politisation : La politisation est le processus de socialisation par lequel un·e individu·e ou une association est amené·e à s’intéresser à la politique et à développer des réflexions et des pratiques qui en relèvent.

Putophobie : Hostilité, rejet et discrimination envers des individu·e·s qui se prostituent. À différencier de slut-shaming ; la putophobie concerne les personnes travaillant dans le réseau prostitutionnel, voire pornographique, tandis que le slut-shaming touche toutes les personnes assignées femmes quelle que soit leur activité sexuelle ou autre. Tous les termes renvoyant aux personnes qui se prostituent ou à la prostitution de manière péjorative ou comme insultes.

Privilège : Disposition sociale, idéologique et/ou juridique conférant un statut et des droits à certains individus, au détriment des autres.

Pro-pros(titution) / réglementarisme / régularisme : Féminisme et autres personnes défendant les droits des travailleureuses du sexe sans vouloir l’abolition de la marchandisation d’individu·es.

| Q |

Queer : mot anglais signifiant « étrange ». A l’origine utilisé péjorativement envers elles, les communautés LGBT+ se le sont approprié (quoique certaines personnes anglophones, surtout les moins jeunes, continuent de l’éviter à cause d’associations négatives pour elles). Il peut donc se rapporter dans un sens large à toute personne qui en fait partie. Dans un sens plus restreint, il est particulièrement associé aux personnes qui se sentent en dehors de la binarité (que ce soit dans le genre, l’expression, l’orientation etc).

| R |

Racisme : Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races humaines considère que certaines races sont intrinsèquement supérieures à d’autres.

Réformisme : Tendance favorable au changement par les réformes. En politique, il s’agit d’une doctrine visant à une transformation progressive de la société capitaliste/patriarcale/spéciste par la voie de réformes et de moyens légaux et non à une transformation radicale par la voie de la révolution et de l’abolition.

| S |

Safe : Qui se dit d’une personne ou d’un lieu non oppressif donnant un espace suffisant aux personnes concerné·es pour s’exprimer et être entendu·es.

Sexe : L’aspect physique de la personne en ce qui concerne des caractères sexuels primaires ou secondaires et génétiques. Non pas forcément, non plus, « binaire » puisqu’il y a beaucoup de variantes intersexuées. En général en français on considère que « mâle » et « femelle » sont utilisés pour désigner des animaux plutôt que des personnes, alors on parle de « sexe masculin » ou de « sexe féminin » – cependant cette distinction est sujette à polémique en ce que ces mêmes termes de féminin et masculin sont utilisés pour appuyer les représentations sociales binaires des genres féminin et masculin.

Sexisme : Dans notre société actuelle, c’est une attitude discriminatoire et oppressive adoptée à l’encontre du genre féminin (oppression systémique). Le sexisme va à l’encontre des droits et libertés et adopte un comportement de dénigrement et d’abaissement des femmes et de toutes personnes se reconnaissant dans le genre féminin ; cette oppression touche également les personnes assignées femmes (non-binaires, hommes trans) selon leur passing.

Slut-shaming : Ensemble d’attitudes individuelles ou collectives, agressives envers les femmes dont le comportement sexuel serait jugé « hors-norme ». Le slut-shaming consiste donc à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique seraient jugés provocants ou trop ouvertement sexuels. Je veux comprendre… le slut-shaming avec Madmoizelle.

Spécisme : Discrimination basée sur le critère de l’espèce au sein du règne animal. Il implique une hiérarchie entre ces espèces, séparant les humain·es du reste des animaux. Partant de ce postulat, les humain·es se sentent légitimes d’exercer une domination en les exploitant et/ou en les tuant.

Secte : Groupe dans lequel on pratique une manipulation mentale qui entraîne endoctrinement, contrôle de la pensée, isolation et destruction de la personne et de la famille, voire de la société. Les organisations sectaires cachent souvent un dessein lucratif, un profit financier sur le dos de la crédulité de leurs adeptes – des personnes parfois fortement fragilisées.

Systémique : Induit et perpétué par le système dans lequel nous vivons.

| T |

TCA : Troubles du comportement alimentaire : anorexie nerveuse, boulimie, hyperphagie, orthorexie, etc.

TERF : Trans Exclusive Radical Feminist (féminisme radical qui exclut les personnes trans, qui est par extension transphobe, s’appuyant sur des discours dits matérialistes, essentialistes, biologiques ou encore théologiques).

TIRF : Réappropriation de TERF > Trans Inclusive Radical Feminist.

Tone policing : Vecteur pour silencier les minorités, pas seulement une question de politesse dans un dialogue. L’écueil majeur est de penser que le tone policing concerne une parole à un instant T entre deux individus alors qu’il s’agit de paroles d’opprimées, silenciées historiquement, socialement, politiquement.
Le tone policing : un silence de longue durée

Transgenre, ou « trans » ou personne transidentitaire : Personne qui ne s’identifie pas ou pas seulement ou complètement au genre associé avec l’assignation à son sexe-genre de naissance. Dans un sens restreint « transgenre » s’utilise parfois en France pour des personnes qui ont une identité de genre trans en opposition à leur assignation de naissance : transmasculin·e (personne dont le genre est entièrement ou partiellement masculin) ou transféminin·e (personne dont le genre est entièrement ou partiellement féminin). On peut aussi écrire trans* ou trans’ pour souligner le fait qu’il y a plusieurs identités possibles qui sont regroupées sous le terme – y compris beaucoup dont on parle dans ce glossaire.

Transphobie : Hostilité, explicite ou implicite, envers des individu·es transgenres. Il s’agit d’une oppression systémique, dans une société binaire cissexiste empêchant l’expression libre et juridique de l’identité de genre des personnes trans (binaires ou non), minimisant l’accès aux soins et à l’emploi des concerné·es sur des critères arbitraires. La transphobie existe hélas aussi dans les milieux LGBT+ et trans (transmédicalistes, truscums), on parle de enbyphobie pour le rejet et mépris des personnes non-binaires.

Transsexuel·le (nom / adj) : Terme pathologisant lié au contexte médical et psychiatrique se référant à une personne FTM (un transsexuel) ou MTF (une transsexuelle). Terme souvent contesté par les personnes trans (parce que vu comme étant trop focalisé sur le sexe au lieu de l’identité) et qui désigne généralement une personne trans qui s’identifie de manière durable au sexe contraire à celui qui lui a été assigné à la naissance et souhaite faire un parcours hormono-chirurgical (en général, si possible, comprenant une phalloplastie ou vaginoplastie). Il est donc problématique de faire usage du terme de « transsexualité », celui-ci invisibilisant les personnes trans ne souhaitant ou ne pouvant pas faire de transition chirurgicale voire hormonale, ou n’étant pas dysphoriques, en portant toute l’attention et la validité des identités trans sur le passing physique des concerné·es.

Travesti·e : En théorie, un homme qui aime s’habiller avec des vêtements de femme (ou plus rarement vice versa). Souvent (dans la définition en Europe occidental) il s’agit d’une personne AMAB qui prend un rôle et apparence féminin (soit chez elle, soit pendant des sorties avec des ami·es etc) de façon ponctuelle. En théorie, toujours sans vraiment avoir une identité de genre de femme (donc, plutôt pour le plaisir d’essayer un « rôle » différent par rapport au quotidien, dans un but de relaxation ou de divertissement). Mais certaines personnes qui se définissent ainsi disent se sentir une femme au moins dans les périodes féminines. Dans ce cas, ce serait peut-être synonyme de « bigenre ». Parfois on voit « une travestie » pour une personne AMAB qui se sent femme (quand elle est habillée en femme) pour distinguer des « travestis » qui dit-on se sentiraient plus homme et/ou s’habilleraient plus dans un but fétichiste.

| V |

Validisme : Discrimination ou jugement défavorable contre les personnes vivant en situation de handicap physique (paraplégie, tétraplégie, amputation, etc.).

Végétarisme : Pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale pour des motivations diverses (éthique, écologie, santé, spiritualité, etc.). Le végétarisme occidental perpétue néanmoins l’exploitation animale.

Végétalisme : Pratique alimentaire qui exclut les produits animaux et les sous-produits d’origine animale pour des motivations diverses (éthique, écologie, santé, spiritualité, etc.).

Véganisme : Lutte politique et sociale consistant à boycotter toute forme d’exploitation animale : à travers l’alimentation (chair et tout composant issu de cadavre animal, œufs, produits laitiers, miel, etc.), l’habillement (port de fourrure, poils, peau, plumes, écailles, etc.), la recherche médicale (vivisection, tests et expériences sur les animaux), le divertissement (zoo, corrida, cirque, aquarium, spectacles animaliers en tous genres, etc.), etc. C’est un combat qui tend à transformer la société pour faire cesser toutes les dominations et exploitations exercées sur les autres animaux.

Viandale :

Victim-blaming : Utilisé lorsqu’une ou plusieurs victimes d’un crime, d’un accident ou d’autres types d’abus ou d’incidents sont entièrement ou partiellement tenues pour responsables de ce qu’elles ont subi.

Vivisection : Opération expérimentale pratiquée sur des animaux vivants à des fins de recherches scientifiques, médicales, ou pédagogiques.

| W |

Welfarisme : Anglicisme qui prend sa racine de « welfare » qui se traduit par « bien-être » .

Le welfarisme est un terme qui réfère à la croyance que nous avons un droit d’utiliser les animaux à nos fins, mais que nous devons respecter leur ‘bien-être’ et les traiter ‘correctement’ si nous le faisons.

Le neo-welfarisme réfère à la croyance que nous n’avons aucun droit d’utiliser les animaux pour quoi que ce soit (ou du moins pas de façon conventionnelle), cependant une approche de ‘welfarisme’ (par ex des campagnes de bien-être) fournira des « avancées » vers la réduction ou l’abolition de l’utilisation animale ; avancées qui nous permettent également d’ « aider les animaux maintenant ». D’autres avancées utilisées dans le neo-welfarisme incluent les campagnes ciblées, dans lesquelles les groupes font campagne pour l’abolition d’une forme particulière d’utilisation animale ou de méthode de traitement.

Ces termes sont en opposition avec l’approche abolitionniste qui exige une libération totale et immédiate des autres animaux.

| Z |

Zététique : Synonyme de « Esprit Critique », ou de « Scepticisme ». Sa démarche propose d’aborder avec un regard sceptique et une methodologie rationnelle. L’observatoire zététique.


Bibliographie


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